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Santé sexuelle des FSF*

Le 26 avril est la Journée internationale de la visibilité lesbienne. Comme les femmes* qui aiment les femmes* sont à l’honneur, nous en profitons pour parler santé sexuelle des femmes* ayant des relations sexuelles avec des femmes*.


1.1 Définition Santé sexuelle (OMS + Santé Sexuelle Suisse)


La santé sexuelle est un concept défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dernière définit la santé comme « […] un état complet de bien-être physique, mental et social, et qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie. » Quant à la définition de la sexualité proposée par l'OMS, celle-ci est large. Nous pouvons la résumer comme étant un aspect central de toute la durée de notre vie qui « comprend l’appareil sexuel, l’identité et le rôle sexuels, l’orientation sexuelle, l’érotisme, le plaisir, l’intimité et la reproduction ». La sexualité est vécue et exprimée sous beaucoup de formes et influencée par beaucoup de facteurs.[1]

Le concept, basé sur les standards des conventions de l’Organisation des Nations unies (ONU) des droits sexuels[2], définit donc une approche positive et respectueuse de la sexualité afin que tout le monde puisse avoir des relations et expériences sexuelles agréables et qui respectent les droits des individus.


[1] Pour plus d’informations sur la définition: https://www.sante-sexuelle.ch/themes/sante-sexuelle.

[2] Pour plus d’informations sur les droits sexuels: https://www.sante-sexuelle.ch/themes/droits-sexuels.


1.2 Santé sexuelle FSF*


Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous allons définir de qui l’on parle, lorsque l’on aborde le sujet des femmes* ayant des rapports sexuels avec des femmes*. Nous avons choisi comme base la définition proposée par l’enquête sur la santé des femmes* qui ont des relations sexuelles avec des femmes* (FSF*). Est comprise dans femme*, toute personne qui s’identifie comme femme et toute personne qui se sent concernée, indépendamment de son identité de genre, de son orientation affective et/ou sexuelle ou des termes qu’elle utilise pour se définir.


Source : https://www.profa.ch/wp-content/uploads/2020/11/Rapport-preliminiaire-enquete-info-fouffe.pdf?fbclid=IwAR1126bBpAH_oE8rTMA-DlkqbPnSgyjcjwjtAilYRenhHN_nPfOnvNEVCLM


Le but de notre démarche est donc de rendre attentif·ve·x tout un·e·x chacun·e·x à tout ce qui entoure la santé sexuelle et tout ce qui peut découler d’une relation sexuelle entre une femme* et une/d’autre/s femme*/s.


Au Centre Empreinte, iels sont super inclusif·ve·x·s. Je vais me faire dépister régulièrement là-bas et rien que dans leur questionnaire, iels utilisent l’écriture inclusive et proposent toutes les possibilités en termes d’identités de genre. Il y a plein de flyers et de pub pour les événements queer, et surtout iels sont ultra ouvert·e·x·s d’esprit et au courant des différents risques selon l’orientation sexuelle et les pratiques. On peut vraiment avoir des discussions sans tabous en ce qui concerne les IST.” - Madame Marilou

2. Quelques conseils par Les Klamydia’s


Important: Ceci sont des informations et des recommandations ! Nous sommes conscientes que le 100% safe sex peut être contraignant ! Notre but est de vous donner ces conseils pour que vous puissiez décider des risques que vous voulez prendre. De plus, ce n’est pas une liste exhaustive. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site tenu par Les Klamydias, indiqué en bas de ce chapitre.


Safer sex entre les femmes* cis et non-cis ! Comment se protéger… ?

… Du VIH des hépatites: Il est conseillé d’éviter le contact entre sang (dont le sang des règles), entre muqueuses et éviter de pratiquer l’anulingus non protégé. Il ne faut pas non plus se brosser les dents directement avant et/ou après un rapport oral.


… Des autres infections sexuellement transmissibles (IST): Ici, les mêmes règles de bases de protection des VIH des hépatites comptent. En plus, il faut éviter la pénétration vaginale après une pénétration anale sans changement de préservatif/gant. Concernant les sex toys, il faut utiliser un préservatif avec lubrifiant pour la pénétration vaginale ou anale. Pour la pénétration vaginale ou anale avec les doigts, il est recommandé d'utiliser des gants si l'on a une plaie; sinon, ne pas interchanger les mains entre les partenaires suffit.

Pour le sexe oral, il conseillé d'utiliser une digue dentaire/carré de latex/film alimentaire à usage unique. Il faut également éviter le cunnilingus après un anulingus sauf si la digue est assez grande ou que vous la changez.

Si vous avez un néovagin (vaginoplastie), il est recommandé d’utiliser un préservatif externe ou interne avec du lubrifiant pour la pénétration. Et pour les cunnilingus, utilisez une digue dentaire ou du film alimentaire (non poreux, pas pour le micro-ondes). Un néovagin peut être particulièrement fragile, souvent dans les premiers temps post-opératoires et donc peut s’infecter plus facilement.


Selon Les Klamydia’s, il n’est pas nécessaire de connaître tous les symptômes des IST. A savoir qu’il existe aussi des IST asymptomatiques. Néanmoins, il reste important d’observer son corps régulièrement et de bien le connaître ! On conseille à tout le monde d’aller chez le·la médecin généraliste, gynécologue ou médecin du Checkpoint, centre de santé pour des personnes queers, en cas de douleurs, de démangeaisons, de brûlures ou d’écoulement anormal ! Pour protéger la vulve, les douches internes sont à éviter, parce qu’elles fragilisent la flore vaginale et augmentent les risques d’infection.


Quand aller chez le·la gynécologue ?

A partir de l’âge de 21 ans et l’année après le premier rapport sexuel (avec n’importe quel genre), le premier dépistage du cancer du col de l’utérus est indiqué. Il est hautement recommandé de consulter régulièrement un·e·x gynécologue pour les contrôles gynécologiques et des seins, même en l’absence de rapport sexuel. La fréquence des consultations dépend de chaque personne et est à discuter avec le·la gynéco. Un dépistage par année est conseillé, et deux si vous avez des rapports sexuels avec plus de 10 personnes par année.

N’hésitez pas à voir le·la gynécologue, le·la médecin généraliste ou les médecins du Checkpoint si vous avez des douleurs, rougeur, irritation, etc. à la (néo)vulve, au (néo)vagin, à l’urètre, au ventre (la matrice, trompe et ovaires), au sein et au téton !


Il est aussi important pour une femme trans* qui est sous traitement hormonal et/ou qui a une vaginoplastie et/ou une mastoplastie de consulter un·e·x gynécologue. Mais s’il n'y a pas eu de vaginoplastie, il est possible de continuer de voir son·sa médecin généraliste / médecin du Checkpoint / urologue / proctologue, comme vous vous sentez plus à l’aise.



“Avant mon coming out, j’allais chez cette gynécologue pour la pilule. Un temps après je lui ai raconté que je n’avais plus moyen de tomber enceinte, car je ne couchais plus avec des hommes* et donc que j’avais arrêté la pilule. Elle m’a demandé si j’avais d’autres moyens de contraception et j’ai dit que je n’en avais plus besoin car je n’allais plus jamais coucher avec des hommes*. Ensuite, elle a simplement dit ‘OK’ très naturellement. Une chose à déplorer cependant c’est qu’elle ne m’ait pas expliqué les moyens de se protéger quand il s’agit de relations sexuelles entre femmes*.” - Anonyme

3. En quoi est-il important d’aborder cette thématique ?


Puisque cela a un effet sur la santé psychique. Une santé épanouie contribue au bien-être psychique. A l’inverse, l’orientation sexuelle ou l’activité sexuelle – pour les personnes qui l'exercent – est soumise à des pressions notamment sociales, en particulier chez les jeunes.


Se protéger, entre femmes* ? De nombreux préjugés persistent. Cependant, rappelons-nous qu'il est important de se protéger lors de rapports sexuels avec des partenaires occasionnel·le·x·s. Cela veut dire qu’il est aussi nécessaire de consulter, même si ce n’est pas pour un suivi de grossesse ou une contraception. Des moyens de protection existent, ainsi que des dépistages (IST). Osons en parler et les utiliser, même si les moyens de protection sont malheureusement peu abordés entre femmes*. Cassons cette idée reçue comme quoi les femmes* seraient moins exposées aux IST.


L’enquête révèle que plus de 60% des interrogée·x·s ne se protègent jamais lors de relations sexuelles avec des partenaires occasionnel·le·x·s. Plus parlant encore, un peu moins de la moitié ne connaît ou ne sait se servir des moyens de protection.


“Un jour de travail, j’ai une douleur très forte dans la partie inférieure du ventre, avec impossibilité à me tenir debout. On me concède de rentrer chez moi. Le paracétamol ne faisant aucun effet et me trouvant à Châtel, je décide d’aller aux urgences de Riaz. Dès le début, je ne me sens pas dans une ambiance très safe car il semble flotter un manque d’empathie de la part des divers·e·x·s soignant·e·x·s sur place. Alors qu’on m’a mise dans un box, le médecin assistant arrive mais il n’est pas seul, car suivi de son stagiaire. Ils me posent diverses questions puis tentent de me palper, cependant, les deux en même temps. Même si tout était professionnel, je ne me sentais pas très à l’aise d’être examinée de la sorte par deux hommes. S’ensuit l’arrivée de la médecin cheffe, qui me repose des questions dont ma prochaine menstruation, ce à quoi je lui réponds alors qu’elle me palpe l’abdomen. Elle me demande ensuite si je suis sexuellement active et je lui réponds par la positive. Elle me demande quels sont les moyens de contraception que j’utilise et je lui raconte que je n’en prends pas, chose que j’avais déjà partagé aux autres médecins antérieurement. L’air étonné et dans l’incompréhension, je décide de lui dire que je n’ai pas de relations sexuelles avec des hommes*. Tout en ayant ses mains posées sur mon abdomen mais en arrêtant de me palper, elle me regarde très étrangement, entre dubitative, fuyante et jugeante. Je me sens alors tellement mal à l’aise dans ces circonstances, avec autant de personnes et en culotte sous ma chemise. De plus, par après, malgré ce que je venais de lui dire, elle m’a, à nouveau, demandé s’il n’y avait aucun moyen pour moi de tomber enceinte et j’ai dû lui réaffirmer que non. Ensuite, elle a soufflé à une infirmière, revenue par après mais tout de même en ma présence, de me faire une prise de sang tout en prenant en compte une hormone spécifique pour voir si j’avais des probabilités d’être enceinte. L’infirmière s’exécute et me fait une prise de sang. Je suis désormais seule dans mon box à l’attente des résultats. Sans que tout cela n’ait suffit, quelques minutes plus tard, ladite cheffe de clinique rentre dans mon box avec des gants et du lubrifiant. Nous n’étions que deux cette fois. Sans m’expliquer le pourquoi ni la procédure ni simplement me prendre en considération en demandant mon autorisation, elle me lance ‘Il va falloir écarter les jambes, SVP’. Puis, alors que je ne comprenais rien à ce qui se passait, elle continuait à mettre ses gants et à induire ses doigts de lubrifiant. Suite à quoi, elle a inséré ses doigts dans mon vagin, sans foi ni loi. C’était rapide et dénué de sens. Elle n’a même pas eu la délicatesse de me remettre mes sous-vêtements par après.
Son dernier geste était, de plus, totalement inutile, intrusif et injustifié car le diagnostic posé était faux.
A l’heure actuelle, je ne comprends toujours pas le pourquoi du comment.” - Kelly

Pour finir, il est autant important d’être informé·e·x·s que d’être bien entouré·e·x·s par des professionnel·le·x·s de la santé qui peuvent t’accompagner et te guider de façon adéquate et respectueuse.

Si tu es à la recherche d’un·e·x professionnel·le·x de la santé, tu peux te diriger sur cette page: https://sarigai.ch/sante/ et tu y trouveras la manière d’accéder à des personnes safe et LGBTQIA+ friendly qui y sont répertoriées avec leur accord.

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